Stéphane Traineau, Champion de judo - Le site officiel
2006 : Championnats de France d’Amiens

Stéphane Traineau est Champion de France 2006

Retour gagnant ! A trente neuf ans, Stéphane remonte sur les tatamis après 5 ans d’arrêt de compétitions officielles, à l’occasion des championnats de France qui se déroulent à Amiens. Et Il a gagné son pari fou, il est redevenu champion de France.

Stéphane, quand est-ce que tu as décidé d’envoyer ta demande pour participer aux Championnats de France de Judo à Amiens ?

Après les fêtes de fin d’année en famille, des petits footings dans la forêt près d’Hambourg et quelques jours dans le chalet de la belle-famille allemande, j’ai pris la décision d’envoyer une demande officielle le 2 janvier.

Le 6 janvier j’ai reçu une réponse positive de la part de la FFJDA sous condition de remplir un formulaire officiel et de passer une visite médicale. J’ai renvoyé donc les pièces demandées.

Au vue de ta décision tardive, en quoi consistait ta préparation ?

C’est au mois d’octobre et novembre que j’ai repris tranquillement avec un ou max. deux entraînements par semaine. Par contre, cela n’a pas duré très longtemps, car je me suis blessé à la main gauche début décembre en faisant un randori avec Loïc Bruziaux.

J’ai mis cette période à profit pour passer de 111kg ( !!) à 105 kg !

En guise de « préparation finale » je suis retourné à l’INSEP le mardi 3 et le jeudi 5 janvier pour faire quelques randoris en me concentrant sur la perte de mes derniers kilos.

Qu’as-tu ressentie à l’approche de la compétition après cinq ans et demi d’arrêt ?

C’était vraiment surréaliste ! J’ai été très motivé, mais aussi incertain par rapport à ce que j’étais capable de produire face aux adversaires !

C’était très bizarre de m’occuper à nouveau que de moi, de mon poids, de mon sommeil, de ma récupération,... ! D’ailleurs, j’ai redécouvert que c’est sympa de se concentrer que sur soi pendant un moment !

J’ai à nouveau retrouvé le stress avant la compétition. Mais cette fois-ci c’était différent, car avant j’étais préparé et je connaissais ma valeur, cette fois-ci tout était incertain ! De ce côté-là le pari était vraiment osé !

Comment as-t-elle débuté cette fameuse journée du 14 ?

Très mal ! La balance affichait 1,5 kg de trop ! De toute évidence, ma balance personnelle était défectueuse ou tout au moins peu précise, ce qui m’a fait frôler la crise de nerfs ce matin là ! J’avais du mal à croire au chiffre qui s’affichait sur la balance. J’ai dû redemander si elle était bonne !

En effet, j’ai réagit assez vite, car il ne me restait qu’environ quarante minutes pour tenter de perdre mon « surpoids ».

Donc, je me suis mis des couches de K-Ways et de pulls, pantalon de kimono, bonnet, veste, etc.....tout ce que j’ai pu trouver en fait. Et j’ai commencé à refaire mon footing de la veille, sauf que là j’avais une bonne pression et la certitude de passer pour un idiot si je n’arrivais pas à être au poids. Je pense que la dernière fois quand j’ai eu un problème avec la balance c’était à 18 ans....

Après cette violente perte de poids j’étais très fatigué et vexé d’avoir commis cette erreur. J’étais furieux d’avoir lâché autant de jus à cause d’une bêtise en début de journée ! J’avais vraiment pas besoin de ça !

Au 1er combat tu devais rencontrer le vainqueur de Leininger et de Melicine. Avais-tu une préférence ?

Non, bien sûr, je connaissais l’un et l’autre, mais je ne les avais jamais rencontrés en compétition. Ce sont tous les deux d’excellents judoka déjà médaillés lors des derniers championnats de France. Je savais que quel que soit le vainqueur, mon premier match allait être très difficile.

C’était effectivement le cas puisque j’ai du piocher assez loin pour résister aux assauts d’Olivier !

Suite à ce match, la phase de récupération était assez longue. C’est ici que je tiens à remercier Pascal Kim, kiné et ostéopathe, qui s’est occupé de moi pendant toute la journée et plus particulièrement après ma mésaventure du matin et mon premier combat. Je me demande si j’aurais pu faire quoi que soit sans son aide ?! Et en plus son épouse et lui ont assuré la permanence en gardant mes enfants la veille et en me les ramenant le samedi matin !

Mais pour revenir à mon premier combat, bien qu’il ait été dur, il m’a quand même permis de « déboucher les tuyaux » et je me suis senti mieux sur les matchs après.

En tant que spectateur nous avions l’impression de te voir extrêmement lucide. Qu’en était-il vraiment ?

Mis à part le premier combat, j’étais effectivement très lucide et serein.

Est-ce l’expérience du à mon « grand âge » ? Où tout simplement le plaisir que j’ai eu à être là, la présence de mes proches et de ma famille autour de moi n’y est certainement pas étrangère.

J’ai été tellement bien entouré : René Janerat, professeur de Judo d’Audincourt, est venu me voir spécialement pour l’occasion. Il n’a pas hésité à prendre le volant à 2 heures du matin pour passer 5h1/2 sur la route pour arriver à l’heure. Il a suivi m’a perte de poids du matin et pendant toute la journée il s’est occupé à surveiller tout ce qui s’est passé côté tapis. Il a même fait office de coach pendant mes combats !

J’ai vraiment eu une équipe sur mesure !

En finale tu es opposé à Benoît Bournisien, finale inattendue, parce que la plupart des spectateurs s’attendaient à une finale Lemaire/Traineau.

C’est vrai que j’aurais aimé rencontrer Ghislain (que je n’ai d’ailleurs jamais rencontré en compétition). Nous en avions parlé avant avec envie vu que c’était une éventualité. Je pensais que c’était moi qui n’allait pas pouvoir tenir l’engagement.

Je me suis donc retrouvé face à Benoît, un jeune de 23 ans et de 1,97 m, auteur d’un formidable parcours sur cette journée, preuve qu’il était en forme !

Connaissant le judoka, je me suis attaché à respecter la stratégie fixée et à être patient dans le match pour profiter de la moindre erreur.

Ce fut le cas après trois minutes de match et après un ramassement de jambe, j’ai enchaîné au sol, un domaine que j’affectionne particulièrement, pour l’immobiliser.

Le public s’est pris au jeu et a réagit très chaleureusement à ta victoire.

Oui, cela m’a fait très plaisir et a accentué ma joie, bien évidemment ! Le fait de partager un tel moment avec 3000 personnes c’est enivrant !

Au départ ma participation n’a visiblement pas été au goût de tout le monde, pendant la finale et après ça ne se voyait plus ! J’ai ressenti beaucoup de respect et de satisfaction chez les nombreuses personnes qui sont venus me féliciter le jour même et qui m’envoient encore aujourd’hui des messages ou des coup de fils !!!

Et le TIVP ?

Je m’accorde quelques jours de repos, notamment pour soigner une côte blessée, ainsi qu’un temps de réflexion avant de prendre ma décision.


- Tournoi de la Ville de Paris - Avec quatre combats, dont deux gagnés et deux perdus, Stéphane est le français le mieux classé dans cette catégorie.

 
 

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Publié le 8 mai 2006 à 22h56
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